Une arrivée à Katmandou mouvementée

La petite ville de Lijiang était notre dernière étape en Chine. Vendredi 10 octobre, nous y prenons un train de nuit – avec un petit pincement au cœur, la Chine, c’était quand même très chouette, on y a vécu plein de choses formidables – pour rejoindre Kunming, la capitale de la province du Yunnan, où un avion nous attend, direction le Népal ! Nous nous y sommes pris un peu à la dernière minute pour acheter nos billets : les vols directs coûtaient trop cher, il est donc prévu que nous fassions escale à Hong Kong avant de repartir pour Katmandu. Une sorte d’aller-retour en somme. Notre samedi est donc une journée de transit.

DSC01101Après presque 24h de trajet, nous foulons enfin le sol népalais. Première étape : remplir le formulaire pour obtenir son visa. La scène est un peu surréaliste. Nous sommes une petite centaine de voyageurs à nous affairer devant les bureaux de la douane, prenant appui sur ce que nous pouvons pour remplir ces fiches qui semblent tout droit sorties d’un autre temps. Heureusement, nous avions pensé à prendre avec nous des photos d’identité. Des femmes, le visage fermé, passent entre nous, ciseaux et agrafeuses en main pour nous aider à nous dépêtrer avec nos portraits. Après 30 minutes de queue et 50 dollars en moins dans les poches, nous voici autorisés à entrer sur le territoire.

Il s’agit maintenant de récupérer nos bagages à l’étage du dessous. Mais avant, il nous faut passer un contrôle de sécurité. La queue est tellement longue devant le scanner qu’à la descente du seul escalator qui nous y conduit, les gens se rentrent les uns dans les autres. Nous nous frayons tant bien que mal un passage jusqu’au tapis de livraison, avant de constater l’état douteux de ce-dernier : il s’arrête par moments, tressaute, crisse, avant de repartir, cahin caha, peinant sous le poids des bagages. Au bout de 20 minutes, toujours pas de sacs à dos en vue. Nous commençons à imaginer des scénarii catastrophe lorsque nous les voyons enfin arriver, côte à côte, deux bons petits soldats ayant passé haut la main l’épreuve des tapis, scanners, couloirs et autre soutes aéroportuaires. Nous sommes fiers comme des parents qui retrouvent leurs petits après une angoissante séparation !

Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos peines. Avant de sortir de l’aéroport, nous devons à nouveau passer un contrôle de sécurité, mais cette-fois ci avec nos bagages. Une longue file se forme à nouveau, mais plus pressée cette fois. Les gens ont hâte de s’échapper, ils se bousculent, les chariots se rentrent dedans et les sacs s’entassent sur le tapis, tombant parfois sur les côtés ou bloquant la machine.

Enfin, nous suivons le panneau « Exit ». Dans le sas insonorisé qui nous conduit vers l’extérieur nous voyons soudain apparaître des centaines de visages curieux collés aux vitres, émergeant d’une masse dense et rendue homogène par l’obscurité de la nuit. C’en est presque effrayant. Les portes vitrées s’ouvrent et nous sommes propulsés dans ce raz-de-marée humain, comme si nous sortions d’un coup d’une torpeur muette. Puis très vite, nous nous faisons interpeller de toutes parts : « Taxi, taxi ! », « Where are you from ? », « Where is your hotel ? », « You need a driver ? », « Money money », etc. Je m’accroche au bras d’Antoine.

Celui-ci me montre du doigt un cabanon « Pre-paid taxi service » qui émerge de la foule. Il est presque minuit, nous sommes dans un pays inconnu, et cette ambiance nous met franchement mal à l’aise ; ce cabanon est notre salut ! Nous payons 800 roupies au vendeur, tandis qu’un homme, sans nous laisser le choix, embarque nos sacs à dos. Nous le suivons en claudiquant. Il les enfourne à l’arrière d’un mini-van et nous fait signe de monter. Avant de refermer la porte, sa main se tend : « tips tips » réclame-t-il. Euh oui oui d’accord. Je fouille dans notre petit porte-monnaie et en extrait un billet de 100 roupies. C’est beaucoup, mais tant pis, je n’ai pas le courage d’en chercher un plus petit. Je le lui tends maladroitement quand une deuxième main surgit soudain, insistante. « One is enough » dit fermement Antoine avant de claquer la porte de l’automobile.

Le moteur crachote, la voiture se met en branle, et tente de se frayer un chemin parmi la foule. Je colle mon nez à la vitre pour tenter de saisir quelques images. Ici, les voitures roulent à gauche, à l’anglaise. Nous tressautons au rythme des nids de poule qui jonchent le sol. Je tends ma main pour attraper la ceinture de sécurité, avant de réaliser…qu’il n’y en n’a pas. Seuls les phares de la voiture éclairent la route, nous donnant parfois à voir de drôle de scène. Ici, une meute de chiens errants, rassemblée au milieu du chemin et que le chauffeur évite de justesse, là un veau fouillant dans les ordures.

Au Népal, les chiens sont rois...
Au Népal, les chiens sont rois…

Puis au bout de quelques minutes, notre conductrice s’arrête : « Holy Lodge Hotel » nous assure-t-elle. Nous sortons de la voiture et nous retrouvons face à…une grille ! Dernière bonne nouvelle de la soirée : notre auberge est fermée. Après quelques coups de sonnettes insistants, un jeune homme vient toutefois nous ouvrir. Fin de l’histoire, et, au passage, des sueurs froides !

Heureusement pour nous, la nuit reflète rarement la réalité, et après une bonne nuit de sommeil, nous avons pris beaucoup de plaisir à sillonner la ville et nous perdre dans ses ruelles. Le choc culturel est encore plus marqué que lors de nos premiers jours à Pékin. Nous découvrons ici une culture et une atmosphère qui n’ont absolument rien à voir avec tout ce que nous avons pu vivre jusqu’ici. Surtout la pauvreté y est extrêmement palpable.

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Coup de cœur pour le « Durbar Square », haut lieu de la pratique religieuse dans la ville : ici les gens enlèvent leurs chaussures pour pénétrer dans les temples, se munissent de bâtons d’encens, s’agenouillent pour prier et s’enduisent le front d’une peinture rouge qu’ils vont récupérer sur les statues des divinités. Nous sommes fascinés par ces étranges scènes publiques.

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A notre bonne surprise, les népalais sont extrêmement accueillants et nous donnent l’impression d’être réellement les bienvenus dans leurs pays. A peine nous saisissons nous de la carte de la ville que des gens viennent à notre rencontre pour nous proposer leur aide.

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Seul apprentissage que nous allons devoir acquérir : éviter les motos, scooters, vélos et voitures qui filent à toute allure dans les rues, au milieu d’un concert de klaxons. D’autant plus qu’il n’y a pas – ou peu – de trottoirs. Tant mieux, cela nous fera un entrainement pour l’Inde !

Les scooters aussi!

Charlotte.

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