Récapitulatif – Argentine

Avec nos 5 semaines de voyage, l’Argentine est le pays où nous nous sommes le plus attardés depuis notre départ en tour du monde. En partie car, faute de budget, nous avons décidé de nous déplacer uniquement en bus. Mais surtout, car les paysages fabuleux, tous plus différents les uns que les autres, valent véritablement le coup de ralentir un peu la cadence.

Voici, point par point, ce qui nous a le plus surpris et séduits!

  • Coup(s) de cœur :

En général, à la fin du voyage, nous sommes toujours capables de déterminer l’événement ou l’expérience qui nous a le plus marqués. Mais pour la première fois, nous nous sommes retrouvés avec deux concurrents en finale : un coup de cœur humain, et un coup de cœur nature. Et comme ils n’ont rien à voir, on a eu envie de vous parler de l’un et de l’autre !

Notre rencontre avec les enfants de la Fundación Cruzada Patagonica : Nous avons passé trois jours à Junin de Los Andes, dans le nord de la Patagonie, avec la Fundación Cruzada Patagonica. Elle y fait un travail formidable avec les enfants de la région, qui, sont en grande partie issus des communautés Mapuches, dernières représentantes de la culture amérindienne. C’est sans conteste la seule fois où nous avons eu la sensation de véritablement entrer en contact avec les argentins et leur culture traditionnelle. On a surtout commencé à comprendre les complexités du pays, et en particulier le nœud contestataire qui oppose encore les descendants des colons et des amérindiens.

Antoine et Karloss révisent la leçon du jour
Antoine et Karloss révisent la leçon du jour

Les chemins de randonnée de El Chalten : On en a fait des longues marches depuis notre départ! Mais – les Montagnes Jaunes en Chine mises à part – rien ne vient égaler les chemins de randonnée au départ d’El Chalten. Mention spéciale au circuit qui permet d’atteindre le Fitz Roy. Vingt kilomètres d’émerveillement et la sensation d’avoir pénétré dans un monde parallèle. S’il y a bien un pays dans lequel nous avons appris à voyager à travers les paysages, c’est l’Argentine !

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La pointe du Fitz Roy se découpe derrière les montagnes
  • Expériences inédites :

Nager avec des otaries : Pour notre première étape patagonne, nous nous sommes arrêtés à Puerto Madryn. La ville fait face à la Péninsule Valdès, réputée pour sa faune surdéveloppée : les pingouins y ont établi domicile par millions et les otaries en peuplent les plages. Deux clubs de plongée proposent une excursion en bateau pour nager parmi elles. Nous nous sommes laissés tenter par l’expérience et n’avons pas été déçus : les femelles sont les moins farouches, elles s’aventurent avec plaisir auprès des nageurs matinaux, les éclaboussant de leurs pirouettes et leur mordillant les doigts.

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  • Expériences culinaires à recommander :

Après 5 mois de voyage en Asie, avec le riz pour nourriture de base, le choc a été brutal à notre arrivée à Buenos Aires. Les argentins sont friands de sucres et de gras. On trouve, à chaque coin de rue, des kiosques débordants de gâteaux secs, bonbons, sodas, chips en tout genre et autres barres chocolatées. Et lorsque l’on se pose en terrasse pour siroter un verre en fin de journée, rien de plus normal que de commander, en accompagnement, une assiette de frites agrémentée de quelques tranches de fromage fondu. Autant dire qu’en comparaison, nos traditionnelles cacahuètes sont un modèle de diététique ! Les critères de minceur sont, en conséquence, bien éloignés de nos standards européens : les argentins sont tous bien en chair, et ce dès le plus jeune âge.

Les portions sont toutes au minimum doublées!
Les portions sont toutes au minimum doublées!

Voici la – grasse – liste de toutes nos découvertes culinaires.

La « parilla » (à prononcer à l’argentine « parija ») : L’Argentine est réputée pour sa viande rouge de qualité. Elle se déguste à tous les repas et sous toutes les formes, mais la plus typique est la « parilla » : une assiette bien garnie où l’on trouve divers morceaux, à partager entre amis. Notre préférence est allée au « bife de chorizo », un contre-filet délicieusement tendre et saignant à souhait. On s’en lèche encore les babines…

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Le « dulce de leche » : Sorte de confiture de lait, le dulce de leche est LA spécialité du pays. Elle se consomme seule, en ingrédient ou en accompagnement. Et les argentins en étalent sur tout : leurs pains, leurs fruits, leurs biscuits. On ne serait d’ailleurs pas étonnés d’y voir un jour passer la viande rouge !

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Les « alfajores » : Encore une spécialité dont on n’avait jamais entendu parler en Europe. L’alfajor est la pâtisserie typique sud-américaine. Elle se compose de deux ou plusieurs biscuits réunis par un remplissage sucré (à la pâte d’amande, aux fruits et…au dulce de leche bien sûr !). Le tout souvent glacé ou nappé de chocolat. Bonjour le régime !

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Les « empanadas » : L’équivalent de notre sandwich. Pour un déjeuner sur le pouce, rien de plus pratique que d’avaler quelques empanadas. Ces petits chaussons sont farcis à la viande, aux légumes, aux œufs ou au fromage. Aussi bon marché que huileux !

Le « maté » : Comment évoquer l’Argentine sans parler du maté ? Les habitants sirotent du matin au soir cette infusion traditionnelle issue de la culture amérindienne. La plante utilisée compte autant que la calebasse dans laquelle on verse le liquide. Les feuilles, coupées en très petits morceaux, y sont introduites jusqu’à ras-bord et infusée dans de l’eau chaude. Le liquide est ensuite aspiré à travers une « bombilla » (paille) en fer. Le tout pour un résultat au moins aussi énergisant que le café. Le goût étant relativement amer, les novices y rajoutent du sucre. Le rituel veut que l’on se mette en cercle pour se passer le maté de main en main, mais uniquement par la gauche (cela ferait passer le temps moins vite). Il n’est pas rare de voir les habitants – des villes comme des campagnes – se balader, maté en main et thermos d’eau chaude dépassant du sac. Un peu comme si l’on se déplaçait partout avec notre Nespresso !

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  • Mauvais souvenirs :

Le trajet Ushuaia-El Calafate : Si l’on ne fait pas le voyage en avion, le seul moyen de relier Ushuaia à El Calafate est de prendre le bus. Il en part un seul par jour. A 5 heures du matin. Le trajet inclut un passage en ferry de quelques minutes pour traverser le détroit de Magellan. Mais le jour de notre départ, le vent souffle très fort ; le ferry ne se risque donc pas à sortir. Nous restons coincés sur la berge…pendant 8 heures ! Ce qui retarde considérablement notre arrivée à bon port. A 4 heures du matin – soit presque 24 heures après le départ – nous arrivons à la gare de bus d’El Calafate, et sautons sur un chauffeur de taxi qui, par bonheur, passait par là. Direction la petite auberge que nous avions réservée sur internet. Mais si la porte est ouverte, il n’y a personne à la réception. Nous patienterons sagement dans le hall en attendant que quelqu’un se lève et puisse enfin nous attribuer une chambre. Après un réveil à 4 heures du matin, un tour de cadran coincés sur des fauteuils de bus rigides, et une nuit blanche, jamais un lit ne nous a paru aussi accueillant ! Avec du recul, on en rit encore. Après tout, cela fait aussi partie de l’aventure !

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Nous sommes sauvés!

Les bed bugs à Buenos Aires : Depuis le début du voyage, nous avons été un peu traumatisés par les histoires de voyageurs n’arrivant pas à se débarrasser des punaises de lit récupérées dans les auberges miteuses. Alors, lorsqu’un matin à Buenos Aires, Charlotte s’est réveillée avec des petits piqures rouges sur tout le corps, nous avons été pris d’un élan de paranoïa. Nous avons jeté TOUTES les affaires qui avaient pu être en contact avec la literie. Autrement dit, une partie de nos habits (on en n’avait déjà pas beaucoup), la banane dans laquelle nous mettions notre argent et même une paire de chaussures de marche. Et comme on ne fait pas les choses à moitié, on a aussi fait bouillir le reste de nos vêtements, désinfecté nos sacs, et changé d’hôtel bien entendu. Deux jours plus tard, quand on a constaté qu’on ne s’était pas fait piquer davantage, on a quand même un peu regretté de s’être débarrassés de la moitié de nos vêtements. Mais, qui sait, on a peut-être évité le pire…! (Excessifs, nous ?!)

Activité du jour : faire bouillir ses vêtements
Activité du jour : faire bouillir ses vêtements
  • Ce qu’on gardera :

L’espagnol : Si Antoine baragouinait quelques mots d’espagnol grâce à de vagues souvenirs de lycée, l’allemand (tout aussi vague) de Charlotte n’a pas été d’une grande utilité à notre arrivée à Buenos Aires. Heureusement, on s’est très vite mis à la mode locale, et notamment grâce aux cours intensifs pris auprès des enfants de la Fundación Cruzada de Patagonica, qui ont été ravis d’inverser les rôles et d’endosser le statut de professeur !

Holà Senor! Como esta? (Bilingue, on vous dit!)
Holà Senor! Como esta? (Bilingues, on vous dit!)
  • Les petits imprévus :

L’argent : Cela a été notre souci numéro 1 tout le long du voyage. Une loi récente a fixé le montant maximum de retrait à 80 dollars par jour pour les cartes étrangères. Sachant qu’à chaque retrait, les banques appliquent une taxe de 50 pesos (environ 5 euros), mais surtout, que seuls quelques établissements prennent les cartes étrangères. On a donc eu de nombreuses sueurs froides lorsque, sans le sou, notre auberge n’acceptant que le liquide et notre bus partant à peine quelques heures plus tard, il nous a fallu courir de quartiers en quartiers pour dénicher une banque qui accepterait de nous livrer quelques billets. Et à ceux qui se demanderaient pourquoi nous n’avons pas changé des dollars ou des euros au marché noir dans la rue (à un taux bien plus avantageux que l’officiel), nous leur répondront qu’en venant d’Asie, il était impossible de trouver ces devises. Le seul endroit où nous aurions pu nous en procurer est l’Uruguay. Mais ça bien sûr, on ne l’a appris qu’en revenant…d’Uruguay ! Malin, hein ?!

Même pas un pesos, vous êtes sûrs?
Même pas un peso, vous êtes sûrs?
  • Les spécificités argentines qui nous ont étonnés :

Les toilettes sans verrou : Elles ne sont pas dégradées ou vandalisées. Non, simplement, en Argentine, il est rare que les toilettes soient agrémentées d’un verrou. Allez savoir pourquoi ! Le vrai problème arrive lorsque le battant, usé, ne tient pas non plus dans l’encadrement de la porte… !

Arrondir les sommes : Après des mois à faire du troc sur les marchés de Thaïlande ou de Birmanie, nous pensions en avoir fini avec les approximations financières. Et bien non ! Les argentins arrondissent presque systématiquement les sommes. Mais…à la dizaine inférieure ! A Ushuaia, la caisse du Carrefour dans lequel nous sommes allés faire nos courses, affiche $168. Nous tendons 160 pesos et replongeons le nez dans notre banane pour faire l’appoint. Mais le caissier nous gratifie d’un « todo bien ! ». Même expérience dans les taxis ou les magasins. On s’est souvent demandé à combien s’élevaient les pertes journalières si tout le monde avait le même réflexe…

Les poubelles en hauteur : Remède imparable à la présence croissante des chiens errants dans certaines parties du pays. Quoi de plus simple que de surélever les poubelles pour éviter que les animaux ne fassent de nos restes, un festin ?

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La demi-bise : En Argentine, on ne se serre pas la main comme les allemands, on ne s’enlace pas comme les américains, on ne s’embrasse pas comme les français. Non, pour se saluer, on pratique la « demi-bise ». Ce qui revient globalement à déposer un baiser sur une seule joue. Un peu déstabilisant après 5 mois sans contact physique avec les asiatiques, plus réservés. Cela a donné lieu à des scènes assez comiques dans les auberges de jeunesse : entre les anglophones qui nous donnaient l’accolade avec empressement, les français qui nous faisaient la bise (et on ne parle pas des marseillais qui la triplent) et les argentins qui n’en faisaient qu’une, nous ne savions plus où donner de la tête !

  • Ce qu’on aurait aimé faire :

Monter à cheval : Quand on pensait à l’Argentine, on imaginait de longues balades à cheval au milieu des steppes désertiques de Patagonie. On a très vite déchanté en se renseignant sur les prix. Après tout, une petite caresse c’est aussi bien qu’une longue chevauchée, non ?!

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Camper: Ils sont nombreux les voyageurs à dormir sous la tente en Argentine : d’innombrables espaces sont aménagés pour, mais surtout, les paysages splendides s’y prêtent parfaitement. Malheureusement, nous avons conservé la mauvaise habitude asiatique de décider de la suite de notre itinéraire à la dernière minute. Résultat : nous ne nous sommes pas organisés suffisamment à l’avance pour acheter une tente et trouver un endroit sûr où laisser nos gros sacs. Tant pis pour le camping sauvage, on en fera en France !

  • Budget :

65 euros par jour et par personne. En dormant en auberge et en cuisinant soi-même. La Patagonie est très chère, surtout en haute saison. C’est le constat que l’on a partagé avec tous les backpackers. Ceux qui avait déjà voyagé en Argentine étaient les plus surpris : les tarifs ont pratiquement doublé en deux ans. On peut trouver un lit en dortoir pour une vingtaine d’euros, mais une chambre privative en coûte minimum 50. Au restaurant, on s’en tire rarement pour moins de 15 euros par personne pour un plat unique. Rajoutez à cela le prix des transports et des visites, et le budget augmente rapidement. Mais, quoi qu’il en soit, le voyage vaut bien que l’on casse un peu sa tirelire…

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  • Si on devait résumer l’Argentine en un mot :

Adjectifs mélioratifs mis à part pour décrire la somptuosité des paysages, si l’on devait choisir un mot chacun pour vous faire part d’une vision plus personnelle, ce serait…

Charlotte : « Vide ». L’Argentine est le 8ème plus grand pays du monde, mais il ne compte que 41 millions d’habitants, dont près d’un tiers habitent la capitale. Autant vous dire que la majorité du pays est désertique. On a notamment pu le remarquer lors des longs trajets en bus : il peut se passer plusieurs heures sans que l’on aperçoive autre chose que la route et les plaines qui s’étendent à perte de vue.

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Antoine : « Bus ». Jamais nous n’avons autant voyagé en bus depuis notre départ. Nous sommes descendus de Buenos Aires jusqu’à Ushuaia, avant de remonter toute la Patagonie en longeant la cordillère des Andes. Entre chaque étape, il fallait compter une journée et une nuit de trajet. Sur la totalité de notre voyage, nous avons donc bien dû passer 6 jours dans les transports. Autant dire que plus jamais je ne me plaindrai de la longueur d’un trajet Paris-Nantes!

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Charlotte & Antoine.

Un petit tour sur la banquise?
Un petit tour sur la banquise?
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