Deux pigeons voyageurs en Inde

Aujourd’hui, un petit garçon d’une dizaine d’années est venu m’aborder dans une mosquée. Il me demandait ma bouteille d’eau vide et mes tickets d’entrée usagés, pourquoi ne pas lui donner ? … Mauvaise idée ! Pendant une dizaine de minutes, il m’a harcelé en me demandant de l’argent, parfois implorant, parfois rigolard, sautant et courant autour de moi. J’ai refusé, gentiment, puis fermement. Quand il est reparti, mes poches étaient vides, heureusement je n’avais que 30 roupies sur moi.

Une filouterie parmi d’autres qui font de notre passage en Inde une escale qui nous laisse perplexes, entre émerveillement et méfiance.

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Depuis notre départ, on a entendu beaucoup de voyageurs nous parler d’arnaques en tout genre. Il y avait les maisons de thé en Chine qui font payer des prix exorbitants parfois 100 euros pour une petite tasse, ou encore les faux étudiants aux beaux arts de Katmandou qui proposent de vous faire découvrir la ville, pour soutirer de l’argent en douce. On est plutôt chanceux pour le moment on est passé entre les gouttes.

Chanceux ? Je dirais plutôt prudents. On sait qu’il ne faut pas faire confiance à tout le monde. On a d’ailleurs repoussé à de nombreuses reprises des personnes qui venaient nous donner des conseils sans qu’on leur ait rien demandé. La phrase « Can I help you? » lancée à l’entrée des sites touristiques sonne comme une alarme et nous fait fuir.

Arrivé à New Delhi, on se sentait plutôt aguerris. « On ne nous la fait pas à nous » ! Le premier soir on lit quand même la section « arnaques » du Lonely Planet, la liste est longue… Pour se rassurer, on se moque en douce des touristes crétins qui se font avoir par des combines aussi grossières.

Dès le lendemain on comprend que ça va être laborieux … Les arnaques sont partout !!!

Top 5 des pires arnaques que nous avons évitées (parfois de justesse).

1/ L’arnaque du chauffeur de Rickshaw : Les conducteurs de ces petits taxis à trois roues sont souvent des rabatteurs qui nous proposent des arrêts louches avec insistance : « Tu ne veux pas t’arrêter à cette agence de tourisme, ils vont t’offrir une carte de la ville ? NON ! Tu veux aller voir le magasin de mon cousin ? NON ! Tu es sûr de vouloir visiter cet endroit il y en a d’autres magnifiques dans Delhi, je peux te les montrer ? NON ! » Ils nous arrêtent aussi à de mauvais arrêts : « Si si, c’est votre hotel ! NON ! »

2/ L’arnaque des faux guides : A l’entrée des temples une foule de personnes viennent à notre rencontre à grand renfort de badges en cartons pour nous proposer les services d’un « guide gouvernemental » . Problème : ils ne sont pas du tout guide et demandent des sommes astronomiques pour leur prestation minable. – Le Lonely Planet nous avais mis en garde : NON NON NON !

3/ L’arnaque à la photo : On nous demande souvent de prendre des enfants en photo … Pour ensuite demander de l’argent en prétextant que la photo sera revendue à Vogue ou Elle. J’ai failli me faire avoir la première fois. Heureusement, Charlotte s’était renseignée et est intervenue à temps !

4/ L’arnaque du train : A la gare de Delhi, deux employés de gare en uniforme, avec une carte professionnelle, nous interpellent au passage des contrôles de sécurité. Apparemment notre train est annulé, il faut échanger notre billet, « allez à cette adresse ». Bureau du tourisme international – ça à l’air sérieux- Finalement on se retrouve dans une petite boutique un peu miteuse. Le patron lui même nous accueille. Un bonhomme ventru, moustache, chemise à boutons carrés, grosses bagues aux doigts… Il nous propose des tickets de bus ou de train à des prix délirants. On comprend que c’est une arnaque, de retour à la gare les deux employés ont disparu, notre train n’était pas annulé, mais il a quitté la gare il y a 5 minutes.

5/ L’arnaque religieuse : Dans le temple du Dieu Krishna, à Mathura (30 km d’Agra), un prêtre nous propose de prier pour nous. Pourquoi pas ? II faut juste faire une petite donation, « Un petit quelque chose c’est toi qui décide du montant ». Charlotte écoute et je reste à l’écart, un peu méfiant. 30 minutes de speech qui termine par : donation minimum 5 000 roupies (60 euros). J’explique gentiment que c’est trop cher, le prêtre s’énerve, « ce n’est pas à vous de décider mais à votre copine»! Charlotte essaie de se sortir du traquenard sans trop le froisser, il insiste, s’énerve, hausse la ton. On lui explique qu’on est chrétiens et qu’on ne veut pas donner un roupie pour sa religion. Et on est obligés de quitter le temple.

Ajoutez à ça les enfants qui viennent nous attendre à chaque feu rouge, à chaque entrée de site touristique et devant les hôtels pour nous demander de l’argent et les prix qui sont systématique doublés voire triplés parce que nous sommes étrangers.

Après une semaine en Inde, on se sent las, fatigué d’avoir déployé tant d’énergie à refuser. Un sentiment de gène aussi qu’on n’arrive pas encore très bien à cerner. Nous sommes désolés de ne pas pouvoir nous ouvrir aux indiens, un peu tristes de ne pas retrouver chez eux la spiritualité qu’ils affichent dans tous leurs temples. On a aussi un peu peur de passer à coté de quelque chose.

Pourquoi ? Nous avons l’impression de ne pas être les bienvenus dans le pays de la spiritualité. Ici les vaches sont sacrées et les touristes de sacrées vaches à lait!

Antoine.

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